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Carte priorité : un adhérent nous interpelle !

Mise en ligne 27/02/2019

Un adhérent de la Fnath du Rhône s’inquiète de l’application sur le terrain de la priorité accordée par la carte mobilité inclusion.

Notre adhérent, qui préfère conserver son anonymat, s’interroge, comme beaucoup de bénéficiaires, sur la difficulté parfois d’obtenir cette priorité aux caisses de supermarché, alors que le texte qui l’accompagne semble clair : elle « donne (notamment) la priorité dans les files d’attente ». Une priorité accordée par la carte d’invalidité ou la carte mobilité inclusion (CMI) qui la remplace depuis 2017.

Cet adhérent nous a contactés pour nous faire part de son expérience dans deux grands enseignes, Carrefour à Givors et Auchan à Saint-Genis-Laval, qui respectent toutes deux la loi. Une expérience intéressante qui montre comment la loi peut être appliquée voire interprétée de manière différente.

Un article en trois temps. Cette semaine : interview de notre adhérent et avis du Défenseur des droits à Givors.

Quelle est votre expérience de la carte priorité ?
Cela fait 2 ans que j’habite à 30 km de Lyon. Je suis en catégorie 2, au-delà de 80 % d’incapacité, depuis 2013. Mais mon handicap ne se voit pas à l’extérieur. Au Carrefour à Givors, il y a de multiples caisses, dont une est spécifiquement réservée aux personnes en situation de handicap. Ce qui est conforme à la législation. Une affichette indique, accompagnée d’un logo de personne en fauteuil et de femme enceinte : « On pense à vous, vous êtes prioritaires à cette caisse ». J’ai remarqué, que cette caisse est aussi utilisée par tout le monde. Les caissiers et caissières ne semblent pas demander la carte aux clients et clientes. Pour ne pas avoir à faire la queue à cette caisse, quand elle est déjà occupée, il m’est arrivé de me présenter à une autre caisse : mais la caissière m’a renvoyé à la caisse prioritaire… Je me suis présenté à une autre file où un agent dispatche les clients. J’ai pu discuter avec cet agent qui hésitait à me faire passer. Néanmoins, après lui avoir présenté ma carte, il m’a gentiment laissé passer.

Qu’en avez-vous pensé ?
J’ai l’impression que, lorsque la règlementation n’est pas clairement inscrite et répétée, et que le personnel n'est pas habilité à prendre position et éventuellement arbitrer, les personnes en situation de handicap se retrouvent en difficulté. Et parfois, elles doivent affronter d’autres clients qui n’ont pas du tout envie de les laisser passer. Et comme la caisse prioritaire peut être utilisée par tout le monde, elles se retrouvent devant le même problème. Du coup, j’ai demandé l’avis du Défenseur des droits (lire ci-dessous) qui a estimé que ce magasin respectait la législation, mais qu’il pouvait peut-être améliorer le processus. Ce que je remarque surtout, c’est qu’il y a d’autres magasins qui ont fait le choix de faciliter ce processus. C’est donc que d’autres expériences sont possibles.

Quelle autre expérience avez-vous eue ?
Au magasin Auchan de Saint-Genis-Laval, par exemple, je vois que l’ensemble des caisses comportent un autocollant bien visible qui appelle au civisme et indique clairement : « Caisses prioritaires aux personnes en situation de handicap et aux femmes enceintes ». J’ai discuté avec les caissiers et les caissières et elles m’ont dit qu’elles avaient été formées à l’accueil des personnes handicapées. En outre, sur un des bouts de la ligne de caisses, se trouve une caisse spécifiquement réservée à ce public. Une caisse qui n’est pas toujours ouverte, mais que l’on peut faire ouvrir sur demande en actionnant un téléphone. De plus, à cette caisse, la caissière ou le caissier réclame la carte de priorité de manière à éviter que d’autres personnes ne l’encombrent. Selon moi, dans ce magasin, la question du handicap est envisagée différemment.

L’éclairage du délégué du Défenseur
Le délégué du Défenseur à Givors a constaté les points suivant : « l’enseigne de Carrefour à Givors dispose d’une caisse réservée aux porteurs de cartes « mobilité inclusion », ce qui satisfait aux obligations légales »… Les porteurs sont « ainsi dirigés vers la dite caisse pour faire valoir leur priorité »… « ces personnes ne pourraient pas recourir en priorité aux caisses réservées aux adhérents et aux caisses permettant de scanner soi-même ses articles ». Un « accès prioritaire plus élargi non cantonné à une seule caisse réservée aux personnes handicapées présenterait l’avantage d’être socialement plus inclusif et moins stigmatisant comme cela a déjà été mis en place dans d’autres enseignes. » L’intervention du Défenseur « serait susceptible d’amener en conséquence l’enseigne à réfléchir aux éventuelles améliorations de son dispositif actuel. »

Comment notre adhérent reçoit-il l’avis du Défenseur ?
Le Défenseur a vu que Carrefour avait une caisse prioritaire. Il n’a pu que constater que l’enseigne remplissait ses obligations. Mais, d’une certaine manière, il est allé un peu au-delà en suggérant que cette obligation soit étendue à toute les caisses. Mais je continue à m’interroger sur la raison pour laquelle la politique du handicap est traitée de façon aussi différente. Alors que c’est une politique nationale. C’est le jour et la nuit entre certains magasins. Pour moi, la règlementation n’est pas suffisamment claire. Si je me réfère à ce qui est dit sur ma carte, on nous dit qu’on est prioritaires aux files d’attente. Mais il arrive que je me fasse refouler à certaines caisses. Et quand je vais à la caisse dite prioritaire, je vois que tout le monde peut passer et personne n’exige qu’on montre sa carte. Dans ce cas, on me place dans une situation qui annule la condition de mon handicap et qui annule la carte.

Notre Rédaction a contacté les représentants d’Auchan et Carrefour concernés. Interview.

PLuton
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